samedi, 15 septembre 2018 08:41

Désarroi des politiques devant les populismes européens

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En Europe, il y a un certain désarroi politique devant la montée du populisme chez les citoyens européens. Les européens sont désabusés par les partis de droite et de gauche traditionnel qui semblent dépassés par les évènements sociaux-économiques. Le chômage,  le pouvoir d'achat, la sécurité intérieure, l'identité nationale et européenne menacées par l'immigration cristallisent le ressenti de chaque européen.

Les discours portaient par les partis populistes aux quatre coins de l'Europe trouvent de plus en plus d'échos dans les populations. L'Histoire récente entre la 1ère guerre mondiale (1914-1948) et la seconde guerre mondiale (1939-1945) a mis en lumière cette montée du fascisme. La thématique développée par l'extrême-droite en Autriche, en Italie, en France, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne, en Finlande, ... sur fond de nationalisme rappelle la période des années 30 où la montée du fascisme a porté au pouvoir Mussolini et Hitler.

La sauvegarde du patrimoine de mémoire ne doit pas être le seul rempart face au développement des nouvelles idéologies liées au nationalisme. Les pratiques anti-démocratiques sont déjà employées dans une partie de l'Europe de l'Est pour restreindre la liberté d'expression de la presse d’opposition, de certaines associations et organisations non gouvernementale (ONG) en aide aux immigrés.

17 Camp Struthof Natzwiller 

Les Pères de l'Europe ont été convaincus de la nécessité de construire cet ensemble pour éviter une nouvelle guerre.

L'allemand Konrad Adenauer fait un discours à Cologne le 24 mars 1946 où il exprime sa vision de la future Europe:

« L'Europe ne sera possible que si une communauté des peuples européens est rétablie, dans laquelle chaque peuple fournit sa contribution irremplaçable, insubstituable à l'économie et à la culture européennes, à la pensée, la poésie, la créativité occidentales ».

En 1950, le français Robert Schuman exprime sa pensée dans une déclaration le 9 mai 1950:

« La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques ».

En 1952, le français Jean Monnet déclare:

« Aussi longtemps que l'Europe restera morcelée, elle restera faible, et sera une source constante de conflits. ... Avec le plan Schuman ... nous avons posé les fondations sur lesquelles nous pourrons construire les États-Unis d'Europe, libres, vigoureux, pacifiques et prospères ».

Les partis démocrates chrétiens au sein de l'Italie, de la France, de l'Allemagne à travers Gasperi, Robert Schuman, Jean Monnet et Konrad Adenauer ont œuvré dans l'objectif de réunir les nations européennes au sein d'une structure européenne pour sécuriser l'Avenir de l'Europe.

Ce premier embryon européen rassemble l'Italie, la France, l'Allemagne de l'Ouest, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. La menace de l'URSS en Europe de l'Est est l'un des facteurs de convergence des positions politiques nationales pour la création d'une défense commune.

Après des décennies, L'Europe est prospère et les citoyens sont instruits. L'intérêt général européen qui prévaut dans les pays de la Communauté européenne, a permis une redistribution des richesses vers l'élargissement de l'Europe aux nations demandeuses dans son périmètre  géographique, en particulier, vers les pays de l'Europe de l'Est.

A chaque adhésion d'un pays à l'Europe, une aide financière importante est apportée pour accompagner cette nation vers les valeurs communes portées par l'Europe. L'effort financier doit contribuer à un essor économique par l'intermédiaire de la réalisation d'un programme de construction d'infrastructure. Le principe de la solidarité est l'une des valeurs de la Communauté européenne. En conséquence, le pays entrant bénéficie d'un important soutien pour réussir son adhésion.

En 2018, voici la liste des pays membres de l'Union européenne:

L'Allemagne, la France, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Espagne, le Portugnal, la Grèce, Chypre, Malte, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, la Finlande, la Suède, l'Estonie, Hongrie, l'Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, République Tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie.

Les crises économiques

A la reconstruction de l'Europe, le travail ne manquait pas. Chaque personne pouvait changer d'employeur du jour au lendemain sans avoir le souci de perdre son emploi. Le marché du travail était favorable aux salariés. Au cours des trente glorieuses, les salariés ont connu une hausse significative du pouvoir d'achat à travers un emploi correctement rémunéré avec la possibilité de réaliser des heures supplémentaires.

L'introduction de la mondialisation de la production par les multinationales américaines a conduit l'Europe à suivre ce mouvement. Chaque pays de l'Europe de l'Ouest s'est adapté à cette transformation socio-économique plus ou moins dans la douleur sociale. Une étude des Nations Unies sur le thème du commerce et du développement a recensé au début des années 1980, le nombre de 7.000 multinationales. En 2002, le nombre a explosé pour atteindre 83.000 multinationales. Celles-ci contrôlaient 810.000 filiales qui employaient environ 80 millions de salariés. Leur activité représentait 80 % des échanges commerciaux à travers le monde. L'investissement des groupes à l'étranger s'est monté à presque 7.000 milliards $.

En 2001, les échanges commerciaux se déroulent à 80 % entre l'Amérique du Nord, l'Union Européenne et le Japon. L'Asie du Sud où se situe Taïwan, la Corée du Sud, Singapour, Hong Kong, la Chine, représente 9 % du commerce mondial. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) régule les échanges commerciaux entre les principaux pays adhérents à son organisation. En particulier, il permet de bénéficier d'avantage douanier et un accès aux marchés.

En 2016, l'OMC indique que 38 % du commerce mondial de marchandises entre les importations et les exportations sont réalisés par la Chine, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon et la France.

A partir des années 2000, la restructuration des activités mondiales et les différentes crises économiques liées soit à la spéculation sur l'e-économie, soit sur l'immobilier, soit sur le système bancaire international, ... ont durablement touché chaque pays européen. La restructuration du tissu économique a entraîné la fermeture de certaines sociétés. La politique de la réduction des coûts salariaux pour rétablir les marges bénéficiaires a conduit à externaliser les fonctions de production, de comptabilité, .... Ainsi un chômage de masse s'est développé dans la plupart des pays européens.

Au cours de cette période de transformation sociale de l'Europe, les différents gouvernements des partis traditionnels de droite et de gauche ont mis en place une politique d'austérité axée sur la réduction des déficits publiques. La lutte contre l'inflation devient prioritaire. La baisse de l'inflation est le postulat pour garantir une reprise économique donc la réduction du chômage de masse. La politique d'encadrement de la hausse des rémunérations pour limiter la hausse des coûts de revient de production menée depuis les années 2000 a eu pour conséquence sociale de réduire la hausse du pouvoir d'achat des ménages.

Le transfert d'activités a sinistré certaines régions de l'Europe. Par exemple, la sidérurgie européenne avec la fermeture des sites sidérurgiques comme les Hauts- fourneaux du site d'Arcelor Mittal de Florange en Moselle (France) et les sites de l'ancien groupe British Steel repris par le groupe Tata (Royaume Uni).

Sur la période 2000 à 2014, la Chine a construit des immenses sites sidérurgiques ce qui lui a permis de produire en 2014 la production de 800 millions de tonnes d'acier. Cette capacité est nettement supérieure aux besoins mondiaux. En conséquence, la Chine a baissé ses prix d'environ 30 % pour exporter vers l'Union Européenne et les Etats-Unis. Les études montrent qu'en Europe, l'acier chinois a progressé de 300 % sur les tôles épaisses utilisées dans les secteurs du bâtiment et la construction navale et 400 % sur l'acier laminé utilisé dans les secteurs de l'automobile et l'électroménager.

La casse sociale

 

La courte défaite du candidat du FPÖ (Parti de la liberté) au second tour de l’élection présidentielle autrichienne ne peut masquer la forte poussée de l’extrême-droite dans la plupart des pays d’Europe depuis une trentaine d’années.

Le score élevé obtenu par Norbert Hofer (près de 50% des suffrages) couronne en effet la spectaculaire progression de ce courant de pensée auprès des électeurs européens, qui, pour la première fois, ont porté un de ses représentants à la magistrature suprême. Il a été précédé, en Autriche comme ailleurs, par la montée en puissance de formations populistes, dont il confirme avec éclat la solide implantation face aux vieux partis de gouvernement trop souvent usés par le pouvoir et rejetés par une partie croissante des opinions publiques.

 

 

Certains de ces partis n’ont pas hésité à participer à des gouvernements de droite, comme le FPÖ lui-même en Autriche au début des années 2000, la Ligue du Nord en Italie, le Parti national slovaque en Slovaquie, les Vrais Finlandais en Finlande ou, hors de l’UE, le Parti du progrès en Norvège, ou à leur apporter leur soutien, comme le Parti du peuple danois au Danemark ou le Parti pour la liberté aux Pays-Bas. On peut aussi citer la Ligue des familles polonaises (LPR) et Autodéfense sociale (Samobroona), deux formations qui ont fait partie du gouvernement de Jaroslaw Kaczynski en 2006-2007. Dans les pays où ils exercent aujourd’hui des fonctions ministérielles, ils occupent des postes importants : la défense et l’éducation en Slovaquie, les finances, la justice, le pétrole et l’énergie en Norvège, les affaires étrangères, la défense, la justice, les affaires sociales en Finlande.

Lu 894 fois Dernière modification le dimanche, 16 septembre 2018 09:13
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